Pendant longtemps, j’ai cru que j’avais un problème avec l’écriture. Les mots restaient coincés. Je pouvais passer des heures sur un texte de quelques lignes, à le réécrire encore et encore. Je pensais manquer de talent.
En réalité, je manquais de sécurité intérieure.
Une sensation dans la hanche et un souvenir que je n’attendais pas
Un jour, en pratiquant l’écoute du corps — celle que je transmets aujourd’hui — une sensation dans ma hanche a attiré mon attention. Je ne cherchais rien de particulier. Je ne voulais pas “comprendre”. Juste écouter.
Et un souvenir est remonté, sans que je le force.
J’étais au lycée, en cours de philosophie. C’était l’une de mes matières préférées.
J’aimais réfléchir, questionner, aller loin dans les idées. Je n’aimais pas particulièrement citer les philosophes : ce qui me nourrissait, c’était d’exposer ma propre pensée, de remettre en question ce qui semblait acquis. Mais pour avoir de bonnes notes, je m’efforçais de les citer tout en développant ma réflexion personnelle. C’était le meilleur compromis que j’avais trouvé à l’époque.
J’avais l’habitude d’aller très profondément dans la réflexion, parce que j’ai une pensée en arborescence. Elle fait des associations en permanence, parfois très loin.
Pendant longtemps, j’ai cru que cette pensée en arborescence était un frein : je mettais plus de temps que les autres à intégrer des informations.
Pour les intégrer, j’avais besoin de les décortiquer, de tout remettre en question, de comprendre ce qui se cachait derrière les évidences. Et souvent, en prenant ce chemin-là, je finissais par casser des idées reçues. Ce que je voyais comme un fardeau est devenu, avec le temps, une force.
Dans mes dissertations de philosophie, j’ouvrais beaucoup de portes, je posais des questions, je remettais en perspective ce qui semblait aller de soi. Mais cela n’a pas plu à ma professeure. Le jour de la remise des copies, elle a lu des passages de mon texte devant toute la classe, en s’en moquant, sans chercher à comprendre ma réflexion, sans m’offrir la sienne pour que je puisse en garder des nuances intéressantes.
Je me suis sentie humiliée. Et ce jour-là, j’ai arrêté d’exposer ma propre réflexion.
Je n’avais jamais fait le lien avec mes difficultés à écrire présentement. Mais une partie de moi continuait à me protéger. Elle me disait : “Ne t’expose pas. C’est dangereux.”
L’écoute du corps ne force rien
Ce que j’aime profondément dans cette approche, c’est qu’on n’a pas besoin de revivre les traumatismes. On n’a pas besoin de replonger dans les images. On peut s’en détacher lorsqu’elles remontent, les laisser passer comme des nuages qui traversent le ciel.
Parfois, rien ne remonte du tout et pourtant un blocage se lève.
L’intelligence du corps fait son travail. À son rythme. Avec une sagesse qui dépasse ce que nous pouvons comprendre.
Et en même temps, je sais que moi, personnellement, j’aime aller dans mes profondeurs. J’aime comprendre ce qui me façonne, ce qui a construit mes réflexes, mes élans, mes retenues. Alors je fais le choix de laisser remonter ce qui remonte, quand cela se présente.
Mais je sais aussi que j’ai toujours le choix : celui de m’en détacher, de ne pas m’y accrocher, de laisser l’image se dissoudre si elle devient trop lourde. Rien n’est forcé. Rien n’est imposé.
Quelque chose s’est ouvert
En accueillant cette sensation dans ma hanche, sans chercher à analyser, quelque chose s’est relâché. Je me suis sentie plus légère.
Et j’ai recommencé ensuite à écrire avec une fluidité que je n’avais pas ressentie depuis le lycée.
Comme si une partie de moi avait enfin compris que le danger n’était plus là.
L'intelligence du corps sait nous ramener à l’harmonie
Ce qui me touche le plus dans tout ça, c’est la manière dont l’intelligence du corps sait nous ramener à l’essentiel. À ce qui compte vraiment. En douceur. Exactement comme elle sait cicatriser une plaie sans qu’on ait besoin de lui expliquer comment faire.
Et si un passé difficile nous retient encore aujourd’hui, si quelque chose en nous a peur d’avancer vers ce qu’on aime, cette intelligence peut nous aider à faire la paix avec cette histoire.
Elle nous permet de prendre du recul, de voir que ce passé n’a plus rien à voir avec le présent.
L’intelligence du corps reconnaît la réalité du moment.
Elle sait nous ramener dans l’instant, là où la vie peut recommencer à circuler.
Et si quelque chose en toi demandait la même écoute ?
Peut-être que toi aussi, tu sens un blocage quelque part. Quelque chose qui revient, qui te freine, sans que tu comprennes vraiment pourquoi. Tu n’as pas besoin de revivre quoi que ce soit pour avancer. Tu n’as pas besoin de forcer.
Ton corps sait. Et je peux t’accompagner à l’écouter, avec douceur, sécurité et respect de ton rythme.
Si tu veux aller plus loin, tu peux découvrir mes accompagnements ici.
