L'écoute du corps : ce qu'elle est, ce qu'elle n'est pas
Nous passons des années à apprendre à lire, à écrire, à conduire ou à exercer un métier. En revanche, nous apprenons rarement à écouter ce qui se passe réellement en nous.
Pourtant, nos sensations corporelles nous apportent des informations précieuses et riches sur nos besoins, nos limites, nos émotions, nos aspirations ou certaines situations qui demandent notre attention.
C’est précisément ce que j’appelle l’écoute du corps.
Je ne la considère pas comme une approche qui remplace la médecine, la psychologie ou toute autre forme d’accompagnement.
Je la vois plutôt comme une compétence complémentaire : celle d’apprendre à écouter ce qui se passe en nous et à développer une relation plus consciente avec nos sensations corporelles.
Lorsque les sensations signalent un problème physique
Dans mon approche, toute douleur préoccupante, inhabituelle ou persistante mérite un avis médical en priorité afin de vérifier qu’aucun problème physique sous-jacent n’est présent. Certaines sensations signalent en effet un problème physique.
L’écoute du corps ne remplace jamais cette démarche. Elle se pratique en parallèle, jamais à la place, et ne prétend aucunement guérir une maladie.
L’écoute du corps ne fait pas remonter une analyse détaillée d’un éventuel problème physique. Le processus est plus subtil que cela. Il se traduit généralement par une impression de clarté ou par l’émergence d’actions qui paraissent soudainement évidentes.
Lorsqu’une cause physique est présente, j’ai observé que prêter attention à la sensation pouvait faire émerger plus clairement certaines actions susceptibles de soutenir le processus de récupération du corps : renforcer le fait de consulter un professionnel de santé, davantage de repos, une adaptation du rythme de vie, un changement d’alimentation, un soin, …
Cela n’exclut pas non plus que des éléments liés à notre vécu, à nos émotions ou à certains enjeux existentiels puissent également émerger lorsque nous accordons notre attention à ce type de sensation corporelle.
Le corps est complexe et les sensations ne répondent pas toutes à une seule logique.
C’est aussi pour cette raison que chaque sensation mérite, selon moi, une véritable écoute.
Lorsque les sensations parlent de notre vécu
Au cours de mes observations, j’ai constaté qu’une grande partie de nos sensations sont liées à notre vécu, ou à des aspects existentiels.
Elles peuvent parfois mettre en lumière :
- un besoin non honoré ;
- une envie mise de côté ;
- un projet qui manque de cohérence ;
- une situation qui ne nous convient plus ;
- une direction qui cherche à émerger.
Et lorsqu’on observe ce type de sensation, on s’aligne naturellement avec ce qui nous tient à cœur et ce qui est important pour nous. Les freins, les peurs ou les conditionnements qui allaient à l’encontre de cela se relâchent progressivement.
J’ai également observé que certains freins jouent parfois un rôle utile. Ils ne sont pas toujours là pour nous empêcher d’avancer, mais peuvent signaler qu’un ajustement est nécessaire ou que nous n’abordons pas la situation de la manière la plus adaptée pour nous. L’écoute du corps permet de percevoir cela.
Notre corps est, selon moi, une immense source d’informations. Prendre le temps de l’écouter permet souvent d’en découvrir une richesse insoupçonnée.
Ce que l'écoute du corps n'est pas
L’écoute du corps n’est pas une méthode magique. Elle ne prétend pas tout faire et expliquer. Elle ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni un autre professionnel lorsque leur intervention est nécessaire.
Elle ne consiste pas non plus à attribuer systématiquement une signification prédéfinie à nos sensations. Il s’agit avant tout d’une démarche d’observation, d’écoute.
Ce que l'écoute du corps apporte selon moi
Là où je vois sa plus grande richesse, c’est dans l’autonomie qu’elle permet de développer. Mon rôle n’est pas d’écouter le corps des personnes à leur place.
Je leur apprends progressivement à développer leur propre capacité d’écoute afin qu’elles puissent l’utiliser à tout moment dans leur quotidien. C’est d’ailleurs l’un des axes de mon accompagnement Parcours autonomie.
Je vois l’écoute du corps comme une compétence fondamentale.
De la même manière que nous apprenons à lire, à cuisiner ou à conduire, nous pouvons apprendre à nous écouter plus finement.
Cela vient simplement enrichir notre capacité à prendre soin de nous-mêmes, à rester connectés à nos besoins, à nos envies et à ce qui donne du sens à notre vie pour se sentir heureux et épanouis dans notre vie.
Pourquoi il me semble important de situer clairement son approche
Ma croyance est qu’aucune approche n’est capable, à elle seule, de répondre à l’ensemble de la complexité humaine.
Situer clairement son approche permet de mieux comprendre ce qu’elle peut apporter, mais aussi ce qu’elle ne prétend pas faire. C’est également une manière d’agir avec responsabilité.
Je considère l’écoute du corps comme une approche complémentaire. Je ne la vois ni comme une alternative à la médecine, ni comme une réponse à toutes les problématiques humaines.
Mais plus largement, j’espère que nous continuerons à construire des ponts entre les différents domaines qui cherchent, chacun à leur manière, à soutenir l’être humain.
Je rêve d’un monde où les professionnels de santé, les chercheurs, les psychologues, les thérapeutes et les accompagnants du bien-être ne passent plus leur temps à défendre leur territoire, mais cherchent sincèrement à comprendre ce que chacun peut apporter.
Car au fond, nous poursuivons tous le même objectif : permettre à l’être humain de vivre avec davantage de santé, de sens, et d’épanouissement.
Et je suis convaincue que nous avons bien plus à gagner en avançant ensemble qu’en cherchant à déterminer qui détient la meilleure approche.
