Je réponds à cette question : « Pourquoi suis-je toujours négatif(ve) ? »

negatif

On m’a posé récemment cette question : « Pourquoi suis-je toujours négatif(ve) ? »

Je n’ai pas pu y répondre clairement sur le moment. J’ai eu besoin de prendre un temps de réflexion, car la réponse est plus complexe qu’elle n’y paraît.

Et mon premier questionnement a été : que mettons-nous exactement derrière le mot « négatif » ?

S’agit-il d’anticiper que les choses vont mal se passer ?
De voir davantage les problèmes que les opportunités ?
D’avoir du mal à se réjouir dans certaines situations ?
Ou encore d’autre chose ?

Le mot « négatif » peut vite devenir un mot fourre-tout.

C’est pour cette raison que je préfère toujours prendre un moment pour décortiquer les mots. Cela évite beaucoup de malentendus et permet de comprendre plus finement ce qui se passe réellement.

L'expérience nous permet parfois d'anticiper de réelles difficultés

Lorsque nous avons accumulé beaucoup d’expérience dans un domaine, il est naturel de repérer certains risques avant les autres.

Pendant mes années dans l’informatique, il m’arrivait parfois de participer à des projets qui me semblaient mal cadrés. Je voyais certaines contraintes ignorées, certains besoins utilisateurs oubliés ou certains délais irréalistes.

Je pouvais alors penser :
« Cela risque de ne pas bien se passer. On devrait faire autrement. »

Et il arrivait régulièrement que ce soit effectivement le cas.

Était-ce de la négativité ?
Je ne le pense pas.

C’était avant tout le résultat d’expériences passées qui m’avaient permis d’identifier certains points de vigilance avant qu’ils ne deviennent de véritables problèmes.
 

Dans ce cas, anticiper un problème n’est pas forcément une façon de voir le monde en noir.

Cela peut être une tentative de protéger un projet, une relation, quelque chose qui nous tient à cœur ou simplement de tenir compte de ce qui a déjà été observé dans des situations similaires.
 

C’est pour cette raison qu’il me paraît important d’écouter les raisons qui poussent une personne à évoquer certains risques plutôt que de les écarter immédiatement.

Parfois, ces inquiétudes sont très pertinentes dans un contexte donné. D’autres fois, elles le sont moins. Mais elles méritent généralement d’être entendues et mises en perspective avant d’être qualifiées de « négatives ».

Certaines anticipations ne sont pas forcément appropriées à la réalité actuelle

Il existe cependant un autre type de situation.

Parfois, nous sommes convaincus que quelque chose va mal se passer alors que cela ne semble pas forcément cohérent avec la réalité.

Dans ce cas, il est possible que notre anticipation soit davantage liée à notre histoire personnelle qu’à la réalité actuelle.
 

Prenons l’exemple d’une personne qui a vécu une relation amoureuse particulièrement douloureuse.

Après cette expérience, elle pourrait en venir à penser :
« Les hommes sont dangereux. »
ou
« Les femmes font toujours souffrir. »
ou encore :
« Être en couple, c’est forcément source de souffrance. »

Le corps fonctionne par associations.

Lorsqu’une expérience est particulièrement difficile, il associe certains éléments présents à ce moment-là aux sensations désagréables ressenties ou au danger. Plus tard, ces mêmes éléments peuvent être perçus comme des signes de danger.

Le corps n’identifie pas la véritable cause de la douleur. Il enregistre simplement ce qui est présent.

Ce n’est pas un dysfonctionnement, c’est sa logique. Le corps ne comprend pas les expériences. Il crée des associations entre ce qui est présent et ce qui a été ressenti à ce moment-là. Or, ces associations peuvent parfois être très larges et ne sont pas toujours cohérentes avec la situation actuelle.

Retrouver de la cohérence grâce à l'écoute du corps

Alors comment faire lorsque notre corps continue d’anticiper un danger qui n’est pas réellement présent ?
 
C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles je transmets l’écoute du corps.
 
Elle permet progressivement de revisiter certaines associations construites au fil de notre histoire et de retrouver davantage de cohérence dans notre manière d’interpréter les situations.
 

À mesure que cette cohérence se rétablit, certaines réactions s’apaisent naturellement. Des pensées pessimistes qui n’avaient pas de réelle cohérence avec la réalité actuelle perdent peu à peu de leur force.

Le corps anticipe alors de moins en moins un danger là où il n’en existe pas réellement. Et cela change véritablement la vie, car de nombreux freins s’allègent naturellement et il devient plus facile d’avancer vers ce qui compte pour nous.
 

Une personne a généralement des domaines dans lesquels elle est enthousiaste

Enfin, je me méfie beaucoup des étiquettes globales.

Une personne qui se qualifie de négative a généralement des domaines dans lesquels elle est enthousiaste, curieuse ou pleine d’espoir.

Elle peut être pessimiste concernant sa vie amoureuse et pleine de confiance dans son travail. Ou inquiète pour son avenir professionnel tout en étant très optimiste concernant ses projets personnels.

Nous sommes beaucoup plus complexes que les mots que nous utilisons pour nous décrire.

Dire : « Je suis négatif(ve). » réduit souvent une réalité beaucoup plus riche et nuancée.

En conclusion

Je me méfie beaucoup des étiquettes.

Une étiquette appartient avant tout à la personne qui la pose. La personne qui la reçoit n’a pas à se l’attacher.

Lorsqu’on nous qualifie de « négatif(ve) », il me semble plus utile de chercher à comprendre ce qui se cache réellement derrière ce mot. S’agit-il d’une inquiétude pertinente ? D’un signal auquel il serait bon de prêter attention ? D’une expérience passée qui continue d’influencer de manière inappropriée notre perception ? 

Au fond, la question n’est peut-être pas de savoir si nous sommes négatifs ou positifs, mais plutôt de comprendre ce qui se joue réellement derrière nos réactions. 💜

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