Il y a des périodes dans notre vie où l’on ne se sent pas bien : perdu·e, angoissé·e, triste, en colère, vide…
Et l’idée trop souvent répandue, c’est de se forcer à penser positif, de se concentrer uniquement sur le bon côté des choses, à ce moment précis.
Le problème, c’est que ça ne règle rien. Ça met juste ce qu’on ressent de côté, pour un temps. Et cela reviendra nous bloquer, nous impacter, à un moment ou à un autre.
Ce qui change vraiment quelque chose, ce n’est pas de se forcer à aller bien. C’est d’accueillir l’inconfort.
Concrètement, cela veut dire revenir dans notre corps, et ressentir et observer les sensations inconfortables qui s’y manifestent (pressions, lourdeurs, noeuds, etc), jusqu’à ce qu’elles se transforment et disparaissent.
C’est ce chemin, très concret, que je te propose de te montrer à travers quelques exemples.
Quelques exemples, parmi d'autres
Face à la perte de quelqu'un, ou de quelque chose
Dans le cas de la perte d’un être cher, d’une relation, ou d’une activité qui comptait énormément pour nous, résister à l’inconfort en se forçant à penser positif le fait persister, au lieu de l’apaiser.
Cela empêche le processus d’intégration de se faire. C’est un processus naturel, qui a besoin d’un temps de pause pour reconnaître :
- ce qui s’est passé, et tout ce que nous avons perdu ;
- ce que nous aimions réellement dans ces moments ;
- et pour identifier, plus facilement, d’autres sources possibles de bonheur.
Ce processus d’intégration se mène conjointement avec le corps pour être réellement efficace — pas avec le mental.
L’invitation est alors de revenir au corps, de ressentir et d’observer ce que cette perte y provoque comme sensation — une lourdeur, un serrement, un nœud… — jusqu’à ce qu’elle se transforme et disparaisse.
Cela n’effacera jamais l’importance de ce qui a été perdu, mais ramènera progressivement la paix en nous. Une paix qui nous aide à avancer autrement, sans que cela nous fasse souffrir à chaque pas.
Si l’on ne procède pas ainsi, ces souvenirs continueront de revenir nous impacter, sans crier gare — comme un chapitre qui n’a jamais pu se refermer.
Se forcer à penser positif ne raccourcit pas le chemin du deuil. Cela le met simplement en pause, quelque part en nous, en attendant d’être vraiment traversé. Et, au final, cela nous fait souffrir bien plus longtemps.
Face aux peurs, à l'anxiété, à l'angoisse
Dans les moments de peur, d’anxiété ou d’angoisse, ignorer ces émotions et se forcer à penser positif nous empêche de distinguer :
s’il y a une action pertinente à poser : quelque chose d’important pour nous est réellement affecté, et une action est nécessaire pour préserver notre bien-être ;
s’il s’agit d’une fausse alerte : le corps réagit comme s’il y avait un danger, alors qu’en réalité, rien n’est menacé. Et oui, cela arrive plus souvent que tu ne le crois.
Résister à la peur nous empêche de prendre en compte son message et peut même l’amplifier !
L’invitation est alors de revenir au corps, de ressentir et d’observer ce que cette peur y provoque comme sensation — une lourdeur, un serrement, un nœud… — jusqu’à ce qu’elle se transforme et disparaisse.
Quand il y a une action pertinente à poser, l’action juste devient alors évidente : poser une limite, demander de l’aide, changer quelque chose dans notre environnement… La peur s’apaise naturellement, une fois cette action identifiée.
Quand il s’agit d’une fausse alerte, elle se met alors à jour et cesse définitivement.
Pour comprendre pourquoi, il faut d’abord comprendre comment ces fausses alertes se construisent.
Par exemple, après un accident de voiture à une intersection, le corps peut associer plusieurs éléments présents au danger (ou au désagréable) : la voiture, le lieu, les intersections… même si ces éléments n’étaient pas la cause réelle de l’accident.
Le corps enregistre les expériences sans les comprendre. Il retient ce qui était là au moment où quelque chose s’est produit.
Tant que nous n’avons pas intégré, compris en profondeur cette expérience, des associations non pertinentes vont persister.
Intégrer signifie ici pouvoir examiner cette expérience et ses éléments un par un, à la lumière de tout ce que nous savons vraiment sur eux, pour identifier ce qui était réellement dangereux — un processus qui, se mène conjointement avec le corps pour être efficace, pas mentalement.
Le mener purement mentalement ne mettra pas à jour les associations non pertinentes du corps, ses réactions, et donc sa mécanique. Le jour où nous devrons reprendre la voiture, nous allons avoir peur, ruminer sans arrêt, parce que la voiture est restée associée au danger (ou au désagréable).
La mécanique du corps se met à jour de plusieurs façons, comme :
- l’exposition : à force de reprendre la voiture malgré la peur, et si cela se termine bien, elle finit par s’associer à quelque chose de neutre plutôt que de dangereux ;
- par l’écoute du corps (ce que je propose) : on entre directement dans la mécanique du corps, avec la conscience, et des associations peuvent se modifier très vite.
En écoutant notre corps, les associations non pertinentes peuvent se réorganiser d’elles‑mêmes, et de nombreuses réactions qui nous handicapaient jusque‑là cessent naturellement.
Alors, que faire ?
Au lieu de te forcer à penser positif dans les moments inconfortables, l’invitation est d’écouter ton corps :
- Fais une pause, et reviens tranquillement à ton corps.
- Remarque la sensation qui attire le plus ton attention (lourdeur, tension, nœud…).
- Ressens-la, en l’observant avec un regard doux et curieux, jusqu’à ce qu’elle se transforme et disparaisse. Dès qu’elle bouge, tu la suis avec ta conscience.
Si une sensation persiste après un bon moment d’observation, tu peux t’arrêter dès que tu en ressens le besoin, et reprendre la pratique une autre fois. Tu ne repartiras jamais de zéro.
Renouvelle cette pratique jusqu’à sentir revenir naturellement la clarté et la sérénité.
Résister à l’inconfort le fait persister. L’accueillir le transforme naturellement et la prochaine étape devient plus claire.
Je peux t'accompagner
Sur le papier, écouter son corps peut sembler simple. Mais en pratique, ce n’est pas toujours évident au début — et c’est normal.
C’est pour cela que je propose des accompagnements, pour celles et ceux qui souhaitent être guidé·es pas à pas dans cet apprentissage. 💜
Tu peux découvrir mes accompagnements ici : mes services.
